COVID-19 de GRAVES CONSEQUENCES PSYCHOLOGIQUES

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Le bilan provisoire de la pandémie en décembre 2020 est lourd à entendre, plus de 80 Millions de personnes ont été contaminées par le COVID-19 dans le Monde dont 1,8 Millions de morts. Il y a une autre réalité encore difficile à évaluer, mais qui semble considérable, est celle des souffrances mentales. Des centaines de millions de personnes sont ou seront plus ou moins gravement perturbées mentalement par cette épidémie. Un sondage du Comité international de la Croix-Rouge va même jusqu'à évaluer 1 personne sur 2 dans le monde. Le plus grand nombre de victimes provoqué par le Covid-19 est véritablement celui de la souffrance mentale. 60% des personnes placent la santé mentale au même niveau que la santé physique. Dans les pharmacies, nombreux sont les patients anxieux, moroses, en manque de sommeil qui viennent chercher conseil.

Les souffrances mentales des victimes directes du virus échappent aux évaluations classiques. Selon les études, il semble qu'entre 20% et 50% des patients atteints du Covid-19 présentent des troubles psychiatriques dans les 90 jours qui suivent leur infection. Ces troubles psychiatriques (troubles anxieux généralisés, stress post-traumatiques ou dépressions) sont dûs à une combinaison de facteurs de stress psychologiques violents et aux effets physiques de la maladie. L'inflammation causée par le virus (observée au scanner) impacte aussi le cerveau, ce que les médecins appellent la tempête cytokinique, laquelle laisserait des séquelles psychiques.

Les victimes collatérales sont les plus nombreuses. La crise sanitaire a exacerbé la détresse psychologique de millions de personnes. D’après une enquête menée par Santé publique France, le taux d’anxiété et le taux de dépressions des Français ont doublé.

Les peurs sont en fait multiples : peur d'être contaminé, de mourir, de perdre ses proches, son travail, perdre les liens familiaux, se retrouver ruiné... La peur est dévastatrice pour toutes les personnes phobiques. Ainsi les agoraphobes, les claustrophobes, les hypocondriaques... sont impactés par de nouvelles peurs liées à cette épidémie. Les phobies génèrent beaucoup d'anxiété, elles inhibent les occasions de prendre du plaisir et provoquent une destruction de toute vie sociale.

Les changements de comportements nécessaires à la lutte contre l'épidémie provoquent un autre type de difficulté. Tous les obsessionnels du monde vivent encadrés par de nombreux repères rigoureux plus ou moins ritualisés mais indispensables pour calmer une anxiété latente. Ces personnes sont figées dans leurs habitudes. Lorsque survient une épidémie, la prévention oblige à des gestes précis de distanciation physique, de modifications des liens familiaux, amicaux, professionnels du quotidien. L'apprentissage de nouveaux comportements est vécu très douloureusement par ces personnes.

Les contraintes du confinement sont inégales, elles acculent les plus mal lotis dans des situations sordides. L'isolement brise les liens affectifs, conduit au désespoir et le confinement familial est souvent source de tensions. Le télétravail intense en présence de jeunes enfants turbulents peut devenir l'enfer, c'est le « burn out » assuré.

La dérégulation économique provoque un grand nombre de situations individuelles particulièrement difficiles à vivre. Perdre son contrat de travail, son commerce, son activité artistique représente une telle rupture de la vie professionnelle que la dépression côtoie la tentation suicidaire.

Des signes d'alerte sont à entendre, le fait de se sentir tendu, irritable, mal dormir, ruminer, se mettre en conflit avec ses proches, la crainte de ne pas pouvoir surmonter l’obstacle de cette période actuelle, ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir, la difficulté à se concentrer etc…tous ces signes ne sont pas à sous estimer.

Plus grave encore, des pathologies atteignent le seuil de la tristesse, de l’incapacité à affronter son quotidien. C’est ce que l’on appelle la dépression ou trouble dépressif caractérisé. Chez les enfants et adolescents, les addictions excessives aux écrans sont des signes qui doivent alerter les parents.

Comment réagir au mieux pour éviter de tomber dans la déprime. Eviter tout repli sur soi, les relations sociales sont protectrices et utiles à la vie. Il est impératif de rester en contact avec son entourage pour parler de ses problèmes personnels ou de celui de ses proches et sauvegarder un minimum de liens indispensables à la vie familiale et amicale. Il faut donc prendre le temps de discuter autant que possible. Quelques gestes du quotidien existent, comme organiser sa journée et son emploi du temps même lorsque l'on doit rester chez soi. Il est conseillé d'éviter de se connecter trop souvent aux actualités télévisées mais de préférer s'exposer à la lumière ou mieux encore au soleil à chaque fois que possible. De structurer son alimentation, son temps de loisirs, son temps de travail. Un minimum d'activités physiques, de préférence en plein air, aide à décompresser et à retrouver un équilibre plus naturel.

Rester positifs et imaginer la sortie de cette épidémie. Nous sortirons dans quelques mois de cette épidémie et nous profiterons plus pleinement de notre liberté retrouvée. Cette sortie de la crise peut se construire mentalement en se projetant sur des sorties ou des voyages à venir. En attendant l'arrivée des vaccins et des traitements, soyons attentifs à utiliser le temps libre pour remettre en cause les aspects insatisfaisants de nos vies.

Nous ressortirons différents d'une telle crise. L'occasion se présente pour faire sauter des verrous et s'investir dans des activités et des liens plus adaptés à notre personnalité. Construire de nouveaux projets sera notre fierté retrouvée.


Gérard VIGNAUX (Décembre 2020)

Psychologue clinicien

Président de l'Institut d'éthique contemporaine